Catégorie Projet ANR Bimby

Auteur(s) : - Bruno Sabatier

Publié le 17 Mars 2011

Notions clés :
> division parcellaire
> initiative des habitants
> NIMBY VS BIMBY
> servitude de droit privé
> une démarche de projet conçue pour les particuliers
> vieillissement

Le propriétaire qui divise sa grande parcelle : pour "avoir des voisins"

Un ménage quadragénaire avec 2 enfants avait acheté une maison sur une grande parcelle de 5000m², en seconde couronne d'une agglomération semi-millionnaire. La partie nord de ce terrain était inutilisée, peu ensoleillé, donc le ménage ne souhaitait pas la garder. En outre, il souffrait d'un certain isolement, en rupture avec sa précédente expérience pavillonnaire, en lotissement. Informé par les services d’urbanisme de la possibilité de division, il décide alors de la mettre en œuvre pour "avoir des voisins". Et étant donné le contexte local (foncier cher et CSP+), le but logique était "d’avoir une belle maison à côté, mieux que la vue sur le lotissement de toute façon". La division permet donc de bénéficier de la présence sociale qu'instaure le lotissement, tout en réduisant l'effet négatif de son paysage.. Première contorsion.Bien qu’avec la même surface 3 parcelles auraient rapporté jusqu’au double, la tranquillité a été privilégiée sur l'appât du gain : un seul terrain a été créé. Et c'est dans le même esprit que le ménage a refusé de vendre ce terrain à des promoteurs offrants, qui l'auraient redécoupé pour construire plusieurs maisons. En somme, "quand il y en a un ça va, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes". Deuxième contorsion.Un terrain à bâtir de 1800m² est alors créé, et découpé en drapeau « pour que chacun ait son accès », dans un souci de tranquillité. On veut un voisin mais sans se marcher sur les pieds. Troisième contorsion.

Ainsi, in my backyard but not too much, neither too close : cette gestion subtile de la distance ou de la proximité dévoile les acrobaties auxquelles peuvent se livrer les habitants de maison individuelle. En la matière, le nouveau voisin n'est pas en reste.

Le nouveau voisin, ménage bâtisseur : se rapprocher du centre, pour une proximité restreinte aux enfants

Résidant en pavillon dans une commune plus éloignée, ce ménage quasi quadragénaire avec 3 enfants, souffre lui aussi d’isolement, mais d’un autre type : en l’absence de desserte bus, les parents sont obligés d’emmener leur enfant adolescent au collège avec les 2 autres plus jeunes à l’école, mais aussi à « faire le taxi » pour ses activités, ce qui ne lui convient pas non plus pour acquérir son indépendance. Cette contrainte allant s’accroître lorsque les 2 autres enfants grandiront, le couple a donc recherché un lieu de résidence mieux situé tout en restant dans le secteur, en profitant au passage pour faire construire. Trouvé par une agence immobilière, le terrain a été d’emblée retenu car il est très accessible sans être en bordure de route.La plus grande proximité des commerces et services n’aura que peu d’impact sur les pratiques de déplacement du ménage (habitude des courses « en grand » dans des grandes surfaces du secteur). Idem pour le travail, car chacun prend sa voiture pour aller dans des secteurs différents. Dans une logique strictement fonctionnelle, le ménage ne recherchait que la proximité des équipements scolaires, par rapport à la desserte des transports collectifs.Autre contorsion d'un couple qui tient à conserver pour lui même son mode de vie entièrement fondé sur la mobilité automobile, malgré le rapprochement du centre de la commune. Mais en tout cas ce seul motif a amené à acheter un iun terrain issu d’une division.

L'habitant : Le ménage souffrait d’un certain isolement, en rupture avec sa précédente expérience pavillonnaire, en lotissement. Informé par les services d’urbanisme de la possibilité de division, il décide alors de la mettre en œuvre pour « avoir des voisins ». L’urbaniste : Cette gestion subtile de la distance ou de la proximité dévoile les acrobaties auxquelles peuvent se livrer les habitants de maison individuelle.

Cliquez pour voir ce qu'ils en pensent

> L'habitant

> L'urbaniste

> L'élu

> La filière