Catégorie Projet ANR Bimby

Auteur(s) : - Isabelle Dorgeret

Publié le 04 Mai 2013

Source(s) : Actes du Colloque Bimby 2012

Accueillir sa grand-mère dans son jardin

 

Intervenante :

Isabelle DORGERET, Responsable du bâtiment durable, Terreal

 

télécharger le support d'intervention

 

Introduction :

Ma grand-mère vit seule à Angers, loin de sa famille, elle vit chez elle et est complètement autonome à 98 ans. Ne voulant pas qu’elle finisse sa vie seule, je lui propose de lui construire une maison sur mesure dans mon jardin à Rambouillet pour qu’elle puisse s’installer près de nous tout en conservant son autonomie et son indépendance. Elle est contente de pouvoir chasser de son esprit l’éventualité de la maison de retraite et de voir grandir ses arrières petits enfants. Pour des raisons évidentes de rapidité, nous avons choisi la filière sèche et la construction ossature bois en particulier.

 

Télécharger ici la version pdf du résumé et de la retranscription complète de l'atelier

 

Résumé :

Souhaitant accueillir sa grand-mère dans son jardin, en région parisienne, Isabelle DORGERET a conçu un projet de maison sur mesure. L’ensemble du projet – sa conception, ses modalités de mise en œuvre, son budget, ses contraintes et ses réussites – constitue une illustration concrète de la démarche Bimby.

 

 

Retranscription :

 

Conférence d’Isabelle DORGERET, Responsable bâtiment durable, Terreal, Accueillir sa grand-mère dans son jardin

 

Benoît LE FOLL : Nous avons rencontré notre prochaine intervenante dans le cadre du projet de recherche Bimby. Nous l’avons invitée à intervenir, car elle a mis en place chez elle un processus très intéressant, relevant de la démarche Bimby. Elle représente ainsi les habitants parmi nos intervenants.

 

Isabelle DORGERET : J’interviens en effet aujourd'hui à titre personnel, puisque je suis en train d’expérimenter la démarche Bimby. En effet, j’ai décidé d’accueillir ma grand-mère dans mon jardin.

Ma grand-mère Georgette a 98 ans. Aujourd'hui, elle vit seule dans son appartement à Angers. Compte tenu de son âge, elle a perdu tous ses cousins et amis de sa génération. Elle est la plus âgée de son quartier. Toutefois, elle a une vie sociale active, elle fait ses courses, elle cuisine, elle est indépendante. Mais elle se pose des questions et craint d’être obligée, un jour, de ne plus pouvoir se débrouiller seule et de devoir aller dans une maison de retraite. La petite-fille, que je suis, habite une maison dans une ville de la région parisienne. Cette maison est posée sur une parcelle d’une dimension de 400 mètres carrés. Le coefficient d’occupation des sols (COS) s’élève à 0,5. Il nous reste une réserve de mètres carrés constructibles sur cette parcelle. A l’issue de discussions, une idée a germé dans ma tête. J’ai envisagé de mettre à profit la démarche Bimby pour accueillir ma grand-mère dans notre jardin. J’ai donc fait cette proposition à ma grand-mère l’année dernière. Après un petit temps de réflexion, elle l’a acceptée avec enthousiasme. Nous avons envie d’habiter ensemble. Je souhaite que mes enfants grandissent à ses côtés. Je n’ai pas envie qu’elle aille finir sa vie seule dans une maison de retraite.

 

Nous avons donc élaboré un cahier des charges sur la base des souhaits de chacun. La première contrainte portait sur la préservation de deux logements indépendants. Par exemple, nous n’avons pas la télévision, alors que ma grand-mère veut avoir la télévision. L’indépendance nous permet de continuer de vivre comme nous en avons envie. En revanche, nous avons trouvé intéressant d’avoir une zone d’échange et de partage entre nous. Il convenait bien sûr de respecter le PLU. De mon côté, je souhaitais la mise en place d’une construction rapide, pour que ma grand-mère, compte tenu de son âge, en profite le plus longtemps possible. Pour des raisons d’accessibilité, nous voulions un logement de plain-pied, comportant le maximum de facilités pour ma grand-mère. Par ailleurs, nous avons étudié la manière d’intégrer harmonieusement tous ses meubles et objets, afin qu’elle se sente chez elle. Il en a résulté un jardin d’hiver en zone de partage entre les deux maisons. Il s’agit d’une sorte de sas permettant de communiquer entre les deux maisons. Sa maison se trouve dans le prolongement de ce sas. Elle est composée d’une pièce de vie avec cuisine, d’une chambre, d’une salle de bain et d’un WC. Au total, le projet crée 63 mètres carrés de surface nouvelle.

 

Concernant le calendrier, l’idée a germé en novembre 2011. Nous avons présenté les demandes de permis de construire en avril 2012. Le permis a été obtenu en juin 2012. Nous avions un vieux garage qu’il était nécessaire de démolir. La démolition a été menée en septembre. Nous nous trouvons actuellement en phase de fondation et de coulage de la dalle. Nous avons choisi une ossature en bois. Le montage des structures est prévu pour le mois d’octobre, avec une livraison, en principe, en décembre 2012.

 

Les contraintes rencontrées dans le cadre du projet sont liées à un environnement urbain déjà relativement dense du lotissement. Ainsi, la largeur d’accès pour l’ensemble des entreprises du chantier est réduite. La démolition du garage n’a donc pu être effectuée qu’à la main. Elle s’est avérée relativement fastidieuse et coûteuse. Le bruit des travaux a requis un travail d’information en amont auprès du voisinage. Par chance, ce dernier a accueilli l’idée de façon très positive.

Une autre contrainte importante renvoie à la rapidité du chantier. C’est pour cette raison que le choix s’est porté sur une construction de type ossature bois. Cette dernière permet également de réduire les nuisances sonores du montage. Nous avons découvert d’autres contraintes au fur et à mesure du projet. Par exemple, le nombre de places obligatoires de stationnement a dû être porté à trois, compte tenu de l’augmentation de la surface habitable. Nous avons également dû traiter le problème de l’évacuation des eaux pluviales et usées de la nouvelle surface habitable. Ces questions, auxquelles nous ne pensons pas forcément au départ, sont importantes. Le budget total du projet s’élève à 120 000 euros, soit environ 1 900 euros du mètre carré. Ce montant comprend l’ensemble du projet, y compris la démolition, qui constitue un poste important.

 

De la salle : Le budget que vous évoquez comprend-il les honoraires d’un architecte ?

 

Isabelle DORGERET : Oui, nous avons fait appel à un architecte. Ses honoraires sont inclus dans ce budget. 

 

À télécharger : - Accueillir sa grand-mère dans son jardin ! ID.pdf
- R Accueillir sa grand mere dans son jardin.pdf

Cliquez pour voir ce qu'ils en pensent

> L'habitant

> L'urbaniste

> L'élu

> La filière