Catégorie Projet ANR Bimby

Auteur(s) : - natacha monnet

Publié le 02 Mai 2013

Source(s) : Actes du Colloque Bimby 2012

Approche environnementale de l’urbanisme et Bimby : quelles synergies ?

 

Animatrices :

Natacha MONNET & Claire PEYET, Ingénieurs, Ademe Ile de France

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Intervenants :

Hervé ALLEIN, Adjoint urbanisme, Ville des Essarts-le-Roi : Retour d’expérience sur une démarche conjointe AEU Bimby sur PLU

Julien LANGE, Atelier ACT URBA

 

Introduction :

Cet atelier sera l’occasion dans un premier temps de rappeler le cadre de l’AEU®, outil d’aide à la décision en urbanisme durable, élaborée par l’ADEME. Cette introduction permettra de lancer le débat sur les questions de l’articulation AEU®/ Bimby en s’appuyant sur le retour d’expérience francilien. Le débat en questions : • Quelles synergies possibles ? À quelle échelle de projet ? Quels enjeux environnementaux communs ? Quelle place pour la concertation ? Quel niveau d’ambition… ? • Quelles articulations entre les deux missions envisageables ? • Quelles perspectives de collaboration ?

 

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Résumé :

 

L’Approche Environnementale de l’Urbanisme, place l’environnement au même rang que les considérations économiques ou sociales dans les projets urbains et, par le développement de solutions innovantes du point de vue environnemental, doit aider les élus dans leur prise de décision. Elle obéit en cela à un objectif de pédagogie et de sensibilisation des porteurs de projet et des habitants sur les enjeux environnementaux et l’aménagement durable. Souple et adaptable, l’AEU peut se déployer sur tout projet (planification, aménagement, etc.), à toute échelle (PLU, SCOT, etc.) et dans tout contexte. Elle doit favoriser l’intégration d’exigences environnementales dans ces projets urbains et leur traduction en termes d’objectifs contraignants dans les documents réglementaires. Surtout, l’AEU privilégie la concertation non seulement, comme Bimby, auprès des habitants, mais auprès de l’ensemble des acteurs qu’ils soient élus, techniciens, riverains ou partenaires institutionnels. Bimby peut toutefois apporter un plus dans la démarche, en renforçant la prise en compte de l’humain dans le projet urbain.

 

L’approche s’articule autour de 7 thématiques environnementales : l’eau, les déchets, la biodiversité, le bruit, les sols pollués, les déplacements et l’énergie/le climat. Tout projet est ainsi interrogé à l’aune de ces différents sujets, adaptés en fonction du contexte et des problématiques locales. Ces thématiques peuvent aussi être amenées à s’élargir pour prendre en compte, par exemple, l’étalement urbain ou la densification, des critères de base dans la sélection des dossiers bénéficiant de l’accompagnement financier de l’ADEME.

 

Elle se déroule en quatre étapes :

1. Une analyse croisée des enjeux environnementaux et du fonctionnement du territoire et de ses acteurs ;

2. La définition et la validation des objectifs environnementaux avec toutes les parties prenantes ;

3. La transcription des objectifs environnementaux dans les documents réglementaires et contractuels ;

4. Le suivi et l’animation du projet sur le long terme.

 

Les Essarts-le-Roi, commune de 6 500 habitants située à 35 kilomètres de Paris, a expérimenté les démarches AEU et Bimby à l’occasion de la révision de son PLU. Pour cette commune située au cœur d’un parc naturel régional et entourée de sites naturels protégés, les questions environnementales constituaient un élément central du document d’urbanisme. Bimby s’est aussi imposé assez rapidement. L’essentiel du foncier mobilisable de la commune est en effet constitué de propriétés individuelles. Or Bimby permet de mobiliser ce foncier en mettant en œuvre une méthodologie participative, allant à la rencontre de chaque particulier propriétaire.

 

La concertation, le dialogue et la participation du plus grand nombre à l’élaboration d’une politique urbaine constituent des maîtres mots de cette démarche conjointe PLU-AUE-Bimby. Différentes méthodes d’implication ont été utilisées. Après une classique réunion de concertation pour expliquer les méthodologies, l’AEU a invité les habitants à participer à des ateliers thématiques pour évoquer par exemple les entreprises dans la commune, les déplacements ou le vivre ensemble. La méthodologie Bimby a mis à disposition des propriétaires un architecte ou un urbaniste pendant une heure pour discuter des projets qui pourraient éventuellement être mis en œuvre sur leur(s) parcelle(s), sans idée préconçue ni règle. Cette méthodologie a réussi à créer un urbanisme citoyen. Il a résulté de ces entretiens des projets de tous types sur lesquels le bureau d’études Bimby a dressé des fiches méthodologiques permettant d’aider la municipalité dans son élaboration du PLU, même s’il est évident que tous les projets ne pourront être réalisés ce qui créera forcément des frustrations.

 

La communication constitue un préalable essentiel à cette démarche. Tous les participants de la concertation doivent posséder le même socle de connaissances dans le domaine de l’urbanisme mais aussi des enjeux environnementaux pour être à même de présenter leur vision, la confronter à celle des autres et bâtir in fine un projet commun qui puisse être accepté de tous. La démarche Bimby peut paraître trop centrée sur la parcelle pour offrir une vision globale de l’organisation de la ville mais Bimby ne constitue qu’un outil parmi un éventail de méthodes diverses et variées. C’est un outil de diagnostic qui offre un état des lieux des projets de quelques propriétaires. A l’instar de l’AEU, elle ne permet pas, à elle seule, de concevoir un PLU.

 

Bimby marque aussi le retour des architectes dans le domaine de la maison individuelle. En contradiction avec la tradition française d’un urbanisme centralisé, Bimby introduit aussi un urbanisme par le bas, les particuliers, à travers leurs projets individuels, étant incités à s’intéresser à nouveau à la ville et à leurs voisins. Cette démarche vient aussi développer une forme d’enracinement dans l’habitat rural périurbain qui, dans une perspective de ville durable, doit se poser la question de la mobilité des déplacements, sous peine d’annuler les efforts consentis pour rendre les maisons plus respectueuses de l’environnement. Dans ce contexte, il faut chercher à faire de Bimby un outil qui, à l’échelle de l’îlot, prend en compte les questions posées aujourd’hui par l’AEU sur le logement, les déplacements et les dépendances énergétiques liées. Enfin, Bimby propose de travailler en dehors de tout règlement, en construisant la ville à partir de projets individuels.

 

Bimby ne constitue qu’un outil qui permet de décrire les divisions parcellaires possibles. D’initiative privée, la démarche reste peu maîtrisable. Elle ne peut donc constituer le seul outil prospectif d’une politique urbaine. Elle ne règle d’ailleurs ni la question du logement social, ni celle du coût du foncier. Les projets dessinés avec les habitants doivent ensuite être confrontés avec les enjeux environnementaux et le vivre ensemble pour que soit dégagé un projet partageable par le plus grand nombre. La mise en œuvre d’une démarche Bimby n’exclut pas en outre la réalisation de grandes opérations d’ensemble pour atteindre les objectifs de construction de nouveaux logements fixés notamment au travers du PLH.

 

Bimby, s’il intervient non pas dans le cadre d’une parcelle mais à l’échelle d’un quartier, peut aider les pouvoirs publics locaux à choisir les secteurs à densifier. Pour réussir, Bimby doit aussi prévoir un accompagnement fort pour, une fois le PLU établi, gérer les frustrations qu’il ne manquera pas de faire naître. Cette méthodologie vise à organiser la division parcellaire qui s’effectue aujourd’hui de manière totalement désorganisée et spontanée. Pour ce faire, il convient de conserver au moins quelques règles de conception, dans le cadre du PLU. Le PLU vient réglementer la constructibilité d’une commune. Il crée de fait des frustrations. Pour les réduire, il convient d’élaborer le règlement dans la concertation. La démarche Bimby suscite un espoir qui peut être déçu par la suite. C’est la raison pour laquelle il convient d’expliquer dès le départ aux habitants que le projet qui résulte de l’entretien pourrait ne pas pouvoir se réaliser ou être construit dans les formes initialement prévues. La concertation et le partage des connaissances s’avèrent primordiales.


 

Retranscription :

 

Conférence de Natacha MONNET & Claire PEYET, Ingénieurs, ADEME Ile de France : Qu’est-ce que l’AEU ?

 

Natacha MONNET : L’ADEME Ile de France a accepté l’invitation de participer à ce colloque. Nous souhaitions en effet, à travers cet atelier, réfléchir aux articulations que nous pouvons envisager entre l’accompagnement technique et financier qu’apporte l’ADEME aux collectivités à travers l’AEU et des accompagnements par l’intermédiaire d’interventions Bimby que nous commençons, à titre expérimental, à financer pour quelques collectivités. Nous espérons conduire une discussion ouverte avec vous. Bimby ne constitue pas une stratégie en soi dans la conception de la ville durable. Il convient donc d’essayer de faire sortir la démarche Bimby de sa parcelle et de ses intérêts particuliers de propriétaires et de l’élargir afin de construire un projet d’aménagement durable pour la ville. L’ADEME s’interroge sur la façon dont sa méthode AEU peut aider Bimby dans ce décloisonnement et lui faire prendre en compte des enjeux environnementaux.

 

Claire PEYET : L’Approche Environnementale de l’Urbanisme (AEU) constitue une démarche initiée par l’ADEME depuis plus de dix ans. Elle place l’environnement au cœur des projets urbains. Cette démarche adaptative, construite à partir de problématiques environnementales, représente un véritable processus d’aide à la décision. Partagée avec tous les acteurs, elle apporte une plus-value aux projets urbains et s’articule autour de quatre temps forts.

 

Natacha MONNET : L’AEU place les enjeux du développement durable au cœur des projets urbains et facilite la prise de décision des élus sur des projets urbains, en les aidant à développer des réponses innovantes du point de vue environnementale, allant au-delà de la réglementation et répondant directement à des questions urbaines comme la lutte contre l’étalement urbain, l’efficacité énergétique ou la biodiversité du paysage. L’AEU place ainsi les enjeux environnementaux dans les projets urbains au même niveau que les considérations d’ordre économique et financier ou social.

 

Claire PEYET : Démarche souple, l’AEU s’adapte aux procédures, tant aux projets de planification qu’aux opérations d’aménagement, quelle que soit l’échelle du projet (PLU, SCOT, quartier, etc.). Elle s’adapte également au contexte, en fonction du système d’acteurs présent sur le territoire du projet et à l’état d’avancement du projet même si l’ADEME préconise que l’AEU intervienne au plus tôt afin de ménager des marges de manœuvres plus grandes.

 

Natacha MONNET : L’AEU est une approche transversale qui se décline en sept thématiques environnementales particulières : l’eau, les déchets, la biodiversité, le bruit, les sols pollués, les déplacements et, plus récemment, l’énergie, le climat et l’adaptation aux changements climatiques. Par la prise en compte de cette nouvelle thématique, l’ADEME a souhaité accompagner les collectivités dans la mesure de leurs émissions de gaz à effet de serre et les orienter sur des études de vulnérabilité de leur territoire face aux changements climatiques.

 

Claire PEYET : La démarche AEU constitue aussi un processus d’aide à la décision, qui permet d’éclairer les décisions politiques, d’acquérir des connaissances partagées pour confronter les différents points de vue et favoriser l’émergence d’orientations et d’objectifs partagés. Tout projet est ainsi sans cesse interrogé à l’aune de son impact environnemental.

 

Natacha MONNET : Le point fort de l’AEU tient dans l’animation et la concertation des acteurs. L’animateur joue un rôle central pour faire ressortir les enjeux environnementaux du projet. Cette concertation ouverte aux riverains et à divers partenaires institutionnels. Elle se déroule dans le cadre d’ateliers, conférences ou séminaires. Il s’agit d’essayer d’articuler l’AEU avec des démarches de concertation distantes, qu’elles soient générées dans le cadre d’un Agenda 21, un Plan Climat voire une démarche Bimby.

 

Claire PEYET : L’AEU comporte quatre étapes classiques. Dans un premier temps, elle s’attache à réaliser une analyse croisée des enjeux environnementaux et du fonctionnement du territoire et de ses acteurs. Il s’agit de dresser un état de la situation initiale avant, dans une deuxième étape, de définir et valider les objectifs environnementaux avec toutes les parties prenantes. La troisième étape permet d’effectuer la transcription des objectifs dans les documents réglementaires et contractuels, un exercice qui varie selon le schéma dans lequel la démarche s’inscrit. La dernière étape, à ne pas négliger, vise à opérer un suivi et une animation du projet sur le long terme. Les trois précédentes étapes sont ainsi mises en œuvre dans la durée.

 

Natacha MONNET : L’ADEME attend d’une AEU qu’elle participe à la pédagogie et la sensibilisation des porteurs de projet et des habitants sur les enjeux environnementaux et sur l’aménagement durable. L’AEU doit également permettre l’intégration des exigences environnementales dans le projet urbain avec une déclinaison, au travers d’objectifs environnementaux, dans les documents réglementaires ou les cahiers de cession de terrain. Une AEU aboutit par une traduction de ces objectifs environnementaux en termes contraignants. Enfin, l’AEU doit bâtir un référentiel de suivi des objectifs environnementaux dans le temps.

 

Katherine BROOMBERG, Urbaniste, Agence CréaTer : Comment s’articule l’AEU avec l’évaluation environnementale ? Quelle est sa valeur ajoutée ? L’évaluation environnementale obligatoire permet en effet d’effectuer un diagnostic, d’enrichir le projet par une prise en compte de l’environnement qui se traduit dans les documents réglementaires, avant une évaluation sur la vie du document d’urbanisme.

 

Natacha MONNET : L’ADEME ne finance pas les démarches réglementaires ou obligatoires de par la loi. L’AEU est née voilà une dizaine d’années, alors que le Grenelle de l’environnement n’avait pas encore été lancé. La prise en compte des enjeux environnementaux s’avérait alors cruciale. Le Grenelle de l’environnement a établi des exigences et démarches obligatoires. Nous suivons plutôt des AEU sur PLU dans le cadre de l’alimentation du PADD. Dans ce cadre, l’AEU apporte une valeur ajoutée en renforçant la concertation.

 

De la salle : Vous avez cité sept thématiques. Or une autre thématique nous intéresse avec Bimby, qui porte sur l’économie d’espace, notamment d’espace agricole. Comment cette thématique s’intègre-t-elle dans votre démarche ?

 

Claire PEYET : Nous vous avons présenté les thématiques examinées dans le cadre général de l’Approche Environnementale de l’Urbanisme. Il revient ensuite à l’animateur AEU d’insérer ces thématiques, en accord avec les parties prenantes, dans le cadre du projet. Les ateliers seront ainsi adaptés à la nature du projet et ces thématiques seront abordées sous un certain angle pour répondre aux préoccupations particulières.

 

Hervé ALLEIN : L’étalement urbain fait partie intégrante de la thématique de la biodiversité et du paysage. De mon point de vue, l’approche environnementale ne peut se concevoir dans l’étalement urbain.

 

De la salle : Peut-être faudrait-il ajouter de manière explicite la question du potentiel agricole qui devient de plus en plus importante.

 

Hervé ALLEIN : La démarche a évolué dans le temps. Des éléments ont été ajoutés d’un point de vue réglementaire, qui sont directement tirés de la démarche AEU. De nouvelles évolutions sont possibles et à terme, les PLU pourraient être contraints réglementairement à s’inscrire dans une démarche AEU.

 

Claire PEYET : En octobre ou novembre prochain, chaque direction régionale de l’ADEME présentera l’AEU 2ème génération. Les thématiques environnementales initiales s’élargissent et recouvrent de plus en plus les problématiques du développement durable. Les questions d’étalement urbain et de densification ne sont pas oubliées dans la démarche, en particulier en Ile de France.

 

Natacha MONNET : Ces questions sont effectivement totalement intégrées dans notre sélection d’accompagnement des dossiers. Le refus de l’étalement urbain et l’intégration d’une offre de logement constituent les critères de base dans le choix des dossiers qui bénéficieront de l’accompagnement financier de l’ADEME.

 

De la salle : Comment s’opère le financement par l’ADEME dans le cadre de l’AEU ?

 

Natacha MONNET : Chaque région a défini sa stratégie régionale et sa stratégie d’accompagnement des AEU, en fonction de ses propres critères, son territoire et ses capacités financières.

 

Fabrice DEL AGUILA, Architecte-urbaniste, CAUE Gironde : L’animation constitue le mot clé, d’autant que la démarche Bimby s’adresse exclusivement à des particuliers. Comment in fine l’assistance apportée par l’AEU peut-elle se traduire en appui aux collectivités locales afin que celles-ci continuent à décliner la démarche Bimby ?

 

Natacha MONNET : Nous ne souhaitons pas privilégier uniquement la concertation ou le conseil auprès des particuliers. L’AEU s’attache aujourd’hui à bâtir une concertation large, même si l’exercice se révèle très difficile en pratique.

 

Hervé MAUCLERE, ABF Essonne : La démarche AEU a dix ans d’âge et applique un Grenelle poussif mais il importe de redonner une dimension urbaine au projet environnemental, ce en quoi la démarche Bimby peut vous aider. Ce sont les hommes qui font la culture locale et l’histoire de la ville. Il ne faut pas oublier la dimension urbaine d’un projet urbain. Bimby pourrait permettre d’aborder enfin l’homme.

 

Claire PEYET : En Ile de France, il est vrai que les ateliers AEU ne réunissent pas uniquement les décideurs et les grands acteurs du territoire mais associent aussi les habitants et les associations. C’est la philosophie et la dimension pédagogique de l’AEU. Les habitants constituent bien l’une des parties prenantes de notre démarche. Dans ce cadre, Bimby peut effectivement apporter sa plus-value grâce à une animation des ateliers AEU plus tournée vers les habitants.

 

Hervé MAUCLERE : La démarche AEU envisage plutôt la pédagogie du haut vers le bas alors qu’elle doit aussi aller du terrain vers le haut.

 

Claire PEYET : Nous la concevons bien ainsi. Il est dommage toutefois que les idées proposées par les habitants dans le cadre des ateliers ne soient pas reprises dans les documents réglementaires. Le Bimby pourrait effectivement permettre de relayer les souhaits des habitants.

 

 

Conférence d’Hervé ALLEIN, Adjoint urbanisme, Ville des Essarts-le-Roi : Retour d’expérience sur une démarche conjointe AEU-Bimby sur PLU.

Hervé ALLEIN : Les Essarts-le-Roi est une commune située à la frange de la Beauce, à 35 kilomètres de Paris et 30 kilomètres de Versailles. Elle compte 6 500 habitants et vient d’intégrer le parc naturel de la haute vallée de Chevreuse dans le cadre de son élargissement. Son règlement d’urbanisme, vieux de plus de 10 ans, se trouve totalement inadapté à la ville actuelle et incohérent par rapport aux souhaits de la commune comme de ses habitants. Lors de la révision du PLU, la démarche AEU s’est naturellement imposée, bien avant la démarche Bimby. Cette démarche AEU renforce la concertation prévue dans les démarches PLU, associant davantage la population et les acteurs locaux, comme le souhaitait la municipalité, dans la création de sa politique urbaine pour les 10 ou 15 ans à venir. Nous nous sommes rapidement orientés vers une démarche PLU-AEU. Les questions environnementales se sont posées de manière forte dans cette commune située au cœur de zones naturelles, surtout avec son intégration dans le parc naturel régional et par le fait que la commune compte un nombre important de sites naturels et protégés. La démarche AEU présente également l’avantage de questionner constamment l’élaboration du PLU. Un acteur extérieur au porteur du projet pose un regard environnemental sur la démarche PLU tout au long de son processus d’élaboration.

 

La question Bimby s’est posée plus tard, apportée elle aussi par le parc naturel régional, et s’est imposée rapidement. La commune voisine, le Tremblay-sur-Mauldre, avait déjà expérimenté cette méthodologie. L’analyse du foncier sur la commune montre que l’essentiel du foncier mobilisable recouvre des propriétés individuelles. La commune ne détient pas de foncier et le plan du parc naturel régional la contraint à demeurer dans son enveloppe urbaine existante. Dans ce cadre, la méthodologie Bimby présente deux avantages. Elle constitue en effet une solution pour mobiliser ce foncier particulier et représente une méthodologie très fortement participative puisque tous les particuliers sont rencontrés individuellement. Lors de notre première démarche, 4 % de la population seulement, représentant 77 parcelles, est venue. In fine, nous avons pu élaborer 86 projets. D’après les initiateurs de la démarche Bimby, 80 % en moyenne des personnes qui bénéficient d’un entretien avec un architecte repartent avec un projet. Nous avons obtenu un taux de quasiment 100 %. Seules 3 des 77 personnes se sont totalement opposées à la division parcellaire.

 

La concertation, le dialogue et la participation du plus grand nombre à l’élaboration d’une politique urbaine constituent des maîtres mots de cette démarche conjointe PLU-AUE-Bimby. Différentes méthodes d’implication ont été utilisées. Après une classique réunion de concertation pour expliquer les méthodologies, l’AEU a invité les habitants à participer à des ateliers thématiques sur inscription. La population était ainsi invitée à se réunir pour évoquer des sujets particuliers comme les entreprises dans la commune, les déplacements ou le vivre ensemble. Enfin, la méthodologie Bimby a mis à disposition des propriétaires un architecte ou un urbaniste pendant une heure pour discuter des projets qui pourraient éventuellement être mis en œuvre sur leur(s) parcelle(s), sans idée préconçue ni règle. Les discussions se concentraient sur les projets possibles, en faisant fi de toutes les règles. Ces entretiens ont permis de bâtir des projets pleinement acceptés par les propriétaires voire parfois par leurs voisins.

 

Cette méthodologie a réussi à créer un urbanisme citoyen. Aujourd’hui, la difficulté tient dans le pilotage de ces trois opérations menées, en même temps, par des acteurs et des bureaux d’études totalement différents. Nous ne sommes qu’au stade du PADD mais j’ai l’impression que le processus fonctionne bien.

 

Natacha MONNET : A travers ces démarches, vous êtes finalement montés en compétence sur un certain nombre de sujets.

 

Hervé ALLEIN : Tout à fait. Je travaille dans l’informatique. Je ne suis ni architecte ni urbaniste. Par ces démarches, j’ai appris beaucoup. Les projets issus de ces ateliers de concertation, dessinés en 3D, permettent au propriétaire de visualiser immédiatement l’utilisation projetée de sa parcelle. Toutes les personnes rencontrées, même les opposants à la démarche, ont été ravies de ces entretiens car elles ont eu le sentiment d’avoir été écoutées.

 

De la salle : Vous avez travaillé sur ces micro-projets indépendamment de toute réglementation. Quelles conclusions en avez-vous tiré pour l’élaboration du PLU ?

 

Hervé ALLEIN : Tous les entretiens, disséminés sur l’ensemble du territoire et sur tous les types de parcelle existants sur la commune, ont permis de faire ressortir une typologie de projets. Nous avons pu bâtir une fiche projet pour tous les types de parcelle et toutes les organisations parcellaires imaginables. Le bureau d’étude Bimby a réalisé des fiches méthodologiques qui nous offrent un éventail de choix pour réaliser différentes divisions parcellaires. De ce choix va découler l’élaboration d’un règlement.

 

Katherine BROOMBERG : Comment imaginez-vous pouvoir gérer tous les projets individuels qui ne pourront se réaliser parce que n’entrant pas dans le règlement ?

 

Hervé ALLEIN : C’est le préalable de tout entretien. Nous précisons aux propriétaires que ce n’est pas parce qu’ils définissent un projet d’aménagement de leur parcelle qu’ils obtiendront in fine l’autorisation de le mettre en œuvre. Malgré tout, nous susciterons forcément des frustrations.

 

De la salle : C’est ingérable. Les élus n’accepteront jamais que leurs concitoyens, électeurs potentiels, soient intégrés dans une démarche sans l’assurance qu’ils auront la possibilité ou les moyens de réaliser ces projets. Les techniciens que nous sommes sont sans cesse incités par les élus à travailler avec la population et à rester proches du terrain. Je suis quand même très inquiet par rapport à la réaction des élus.

 

Hervé ALLEIN : Nous avons tous été convaincus au sein du conseil municipal. La communication constitue le préalable essentiel de toute concertation. Sans un minimum d’éducation de la population concernée, la concertation ne fonctionnera pas. Si les personnes qui participent à la concertation possèdent le même « vernis » et connaissent les enjeux environnementaux qui se posent, la concertation se déroulera totalement différemment, chacun ne réagissant plus forcément en fonction de son intérêt personnel uniquement. Nous sommes conscients que nous allons susciter des frustrations mais un document d’urbanisme fait toujours des déçus. Réaliser la concertation la plus élargie possible permet toutefois de recueillir de part et d’autres, des citoyens, des élus et des techniciens, les différentes visions de la commune, de confronter ces visions et de les placer en synergie pour bâtir un projet commun, qui sera partagé par le plus grand nombre. C’est sans doute l’exercice le plus complexe à effectuer.

 

Laurence MORICE, Architecte-urbaniste, CAUE Pas-de-Calais : L’AEU et Bimby représentent deux démarches parallèles. Concrètement les habitants qui ont effectué un entretien Bimby étaient-ils déjà informés de ce prisme environnemental ou le message de prise en compte de l’environnement était-il passé par les architectes Bimby ? Les enjeux environnementaux sont-ils pris en compte dès l’origine ou sont-ils intégrés une fois les projets définis ?

 

Hervé ALLEIN : Les entretiens Bimby intègrent ce regard environnemental. L’extension au-dessus d’un garage, par exemple, ne représente pas un projet spécifiquement environnemental mais la maison voisine a été étudiée du point de vue environnemental. Nous confrontons aussi les projets avec la réalité du terrain. L’urbaniste-architecte a sa vision mais la politique et les objectifs de la commune lui ont été expliqués en amont.

Laurence MORICE : Les habitants qui ont bénéficié de ces entretiens reviennent-ils ensuite dans les réunions de concertation de l’AEU ?

 

Hervé ALLEIN : C’est la grande difficulté d’un processus de concertation. Ce sont toujours plus ou moins les mêmes personnes qui assistent aux réunions.

 

Hervé MAUCLERE : Bien souvent, les personnes qui assistent à ces échanges ne constituent pas la partie active de la ville. La concertation devrait, à mon sens, commencer à la sortie des écoles.

 

Hervé ALLEIN : Les architectes ont effectivement fait les sorties d’écoles pour expliquer aux parents qu’ils étaient à leur disposition pour échanger des possibilités offertes sur leur parcelle. Les écoles représentent en effet un lieu propice pour recruter un public moins enclin à participer spontanément à ces réunions.

 

Pascale LEGUE, Anthropologue-urbaniste, Museum national d’Histoire naturelle : Je suis anthropologue et urbaniste. Je rencontre les populations et je circule avec elles à travers la ville pour observer les fonctionnements du quotidien. La démarche Bimby m’interroge. Il s’agit en effet d’un travail sur parcelle. Or je me demande s’il ne faudrait pas poser un questionnement par rapport à l’îlot ou au quartier, en réfléchissant à une globalité organisationnelle pour que les décisions qui seront prises tiennent compte aussi du voisinage. De mon point de vue, la démarche Bimby présente le point faible d’être trop orientée sur une parcelle. La réflexion doit s’élargir au territoire dans son ensemble.

 

Hervé ALLEIN : C’est une vision trop large de ce que représente Bimby. Bimby n’est pas un PLU mais un outil de diagnostic, qui offre un état des lieux des projets de quelques propriétaires. La démarche ne permet pas, à elle seule, de concevoir un PLU. De la même manière, l’AEU constitue une autre démarche qui vient interroger le PLU sur les enjeux environnementaux. Le résultat qui découlera de l’expérimentation Bimby sera interrogé par la démarche AEU comme il le sera par la démarche PLU. Nous devons réfléchir en termes de zonage et de commune. Bimby n’est qu’un outil parmi d’autres qui nous permet, au-delà de justifier la réalisation de certains projets, de créer un dialogue avec les habitants, même ceux qui n’en ont pas l’habitude.

 

Conférence de Julien LANGE, Atelier ACT URBA

Julien LANGE : Je souhaiterais poser quelques éléments de réflexion pour lancer le débat. Différents points me semblent fondamentaux, liés à l’histoire, la géographie, la sociologie et l’économie. L’histoire, en tant que science, est née avec Hérodote. La géographie date de la cartographie du XVème siècle. La sociologie française date de 1850. L’économie s’est autonomisée de la politique et de la religion au XVIIIème siècle. L’urbanisme date de 1900 et l’environnement est né dans les années 1970. Une question se pose aujourd’hui. L’environnement doit-il englober toutes ces disciplines intellectuelles liées à l’anthropologie au sens large, à la façon dont les humains occupent la terre, et gouverner la vie ? Il faut, de mon point de vue, se montrer prudent.

 

Bimby marque quand même le retour des architectes dans le domaine de la maison individuelle, après avoir été évincés par une loi levant l’obligation de recours à un architecte pour les maisons de moins de 170 m² habitables. Par ailleurs, à travers les projets trop individuels, trop particuliers et trop liés à une classe moyenne qui a accédé à la propriété, le particulier est ramené à s’intéresser de nouveau à la ville et à son voisin. La démarche permet ainsi, en repartant des projets individuels, de réintroduire l’urbanisme par le bas, dans une tradition française de l’urbanisme qui vient du haut.

 

Elle introduit toutefois une question forte et quelque peu paradoxale puisque la démarche va aussi développer une forme d’enracinement, une problématique connue des petites communes rurales qui, constituées dans les années 1970 et confrontées à la peur du départ des habitants et de la fermeture des écoles ou des commerces, ont rassemblé des familles dans des maisons qui doivent aujourd’hui être réadaptées car ne correspondant plus forcément à leurs besoins. Une question se pose. Pour la ville durable, faut-il enraciner de nouveau les habitants dans du rural périurbain sans tenir compte de la mobilité des déplacements ? Il faut en effet savoir que dès lors qu’une maison BBC est située à 20 kilomètres du pôle d’emploi le plus proche, les déplacements automobiles induits annuleront l’intégralité de l’effort réalisé dans la maison.

 

Suivant les données INSEE sur la mobilité résidentielle des ménages, même dans les petites communes rurales, entre 20 et 40 % de la population a changé en 5 ans. Par tradition, les élus recherchent cet enracinement pour stabiliser leur population. Or cette logique est contrariée par le monde professionnel et la précarisation des carrières. De fait, les choix peuvent s’avérer parfois cornéliens pour les ménages. La question est donc de savoir comment faire de Bimby, au bon moment et dans le bon contexte, un outil qui, à l’échelle de l’îlot, peut réintroduire des questions mieux posées aujourd’hui par l’AEU qui, grâce à son champ de vision plus global, interroge non seulement le logement mais aussi les déplacements et les dépendances énergétiques induits.

 

Enfin, Bimby pose la question de la réglementation. Avant la mise en place, en 1967, du PLU, il n’existait aucun règlement si ce n’est le plan d’alignement de 1560. Aujourd’hui, les réglementations s’accumulent alors que Bimby propose de repartir de zéro, sans réglementation, en fabriquant la ville à partir de la matière vivante que constituent les projets des habitants.

 

Ludovic CHUZEVILLE, Architecte-urbaniste, Urban’ism : Malgré tout l’intérêt d’associer Bimby à l’échelle du PLU, il existe quand même le programme PLH qui fixe des objectifs de construction de logement en déterminant le nombre de logements à créer pour a minima maintenir la population. L’intérêt de Bimby consiste plutôt à dégager un potentiel supplémentaire par rapport aux constructions fixées dans le PLH. Bimby ne devrait pas faire exploser la croissance démographique d’une ville puisque celle-ci reste contenue par le PLU. Au contraire, la difficulté tient dans le fait qu’en l’absence de réelle maîtrise, cet objectif de construction se révèle difficilement atteignable avec une densification douce et naturelle comme Bimby le propose.

 

Sur l’échelle adéquate entre la parcelle et l’îlot, les exemples de densification proposés ne montrent pas les incidences sur la parcelle voisine en termes d’ensoleillement et d’intimité. Les fiches projets ne doivent pas s’arrêter aux seuls contours de la parcelle et dessinent aussi ce qui peut se créer aux alentours. Enfin, je m’interroge sur le moment où ces entretiens doivent être réalisés, pour éviter de faire inutilement rêver les habitants en leur proposant des projets qu’ils ne pourront jamais mettre en œuvre. Il me semble que l’entretien doit avoir lieu lorsque le PLU commence à se bâtir. L’absence de traduction des projets individuels dans le PLU pourrait en effet être perçue comme un signe de non-écoute des besoins et attentes des habitants.

Enfin, les habitants ont-ils été informés en amont de la démarche AEU ? A quel moment lier, à l’échelle de la parcelle, les thématiques de l’AEU ? Ces thématiques peuvent-elles être écrites et transmises à l’échelle d’un îlot ?

 

Hervé ALLEIN : Bimby ne constitue qu’un outil qui permet de décrire, à partir de projets dessinés avec les habitants, ce que pourraient être les divisions parcellaires sur la commune. Il faut ensuite confronter ces projets sur le quartier, le hameau ou la commune avec les enjeux environnementaux fixés et plus largement avec d’autres approches pour bâtir un projet partageable par le plus grand nombre. Une ville ne peut être intégralement conçue à partir de l’analyse de la constructibilité d’une parcelle. Le vivre ensemble représente l’élément le plus important.

 

Les élus souhaitent effectivement voir leurs habitants rester sur leur commune. Se pose en effet la problématique de l’équilibre à trouver et maintenir entre les équipements réalisés et la population. La population des communes rurales proches des centres urbains désire des villages concentrés, conservant une population égale. Si nous expliquons aux habitants qu’ils pourront mener à bien leur projet mais qu’en réalisant cela sur l’ensemble du quartier 300 personnes supplémentaires investiront le quartier dans les 10 ans à venir, cela n’appelle plus les mêmes interrogations. Il existe donc des contradictions que nous devons analyser et prendre en compte. Dans le cadre du PLU et du PLH, nous opérons des arbitrages en confrontant les objectifs de création de logements avec la réalité du terrain et les attentes des électeurs, qui ne sont pas forcément prêts à accepter des objectifs relativement ambitieux en la matière.

 

Bimby vise à conduire une approche parcellaire, d’initiative privée, donc peu maîtrisable. La démarche ne peut donc constituer le seul outil prospectif d’une politique urbaine. La commune doit également réfléchir à des opérations d’ensemble, sous peine de ne pas atteindre ses objectifs. Tout est une question d’éducation. Sur la commune des Essarts-le-Roi, nous devons, pour maintenir la population, construire 28 logements par an. Sans explication, les habitants peuvent estimer cette réalisation considérable. Si vous indiquez que ces logements permettent uniquement le maintien de la population, les habitants ne réagiront plus de la même manière. Faire passer de tels messages s’avère complexe mais pour que l’échange s’opère, tout le monde doit parler le même langage.

 

Katherine BROOMBERG : Il me semble que nous ne nous concentrons pas sur l’articulation entre la prise en compte des enjeux environnementaux et la densification alors que les discussions ont fait ressortir plusieurs clés. Bimby peut constituer une solution, dès lors que la démarche ne vient pas aggraver les contraintes environnementales, en aidant le choix des secteurs à densifier dans le cadre d’une réflexion intercommunale de type SCOT. De fait, il conviendrait d’élargir le champ d’action de Bimby au-delà de la parcelle pour l’amener jusqu’au quartier. Les démarches Bimby posent aussi un enjeu fort d’accompagnement, après le PLU, pour gérer les frustrations. Faute d’accompagnement, la démarche présente en effet peu de chances de réussite.

 

De la salle : L’AEU peut aussi constituer une démarche intégrée, beaucoup plus facile à gérer. Il ne faut pas multiplier les réunions sur le même sujet, sous peine d’inciter les élus à ne plus se présenter. Sans être systématique, l’intégration des démarches doit être mise en réflexion.

 

Aujourd’hui, la loi Grenelle et les documents d’urbanisme réglementent la densité. Le PLU évoque la densité maximale tandis que le SCOT aborde la densité minimale. Sur certaines communes rurales, le prix du foncier s’établit entre 170 et 200 euros le mètre carré. En coupant la parcelle, le prix restera le même. Pour l’accession à la propriété, le bailleur social ne réalise aucun bénéfice. Or l’Etat n’investit plus dans le logement social rural. Les gens quittent la ville, faute des moyens pour y devenir ou y rester propriétaires, compte tenu des nombreuses taxes qu’ils doivent payer.

 

Je n’ai par ailleurs pas entendu de lotisseur alors que les lotissements « moquette » continuent de se développer et que l’on sait que la consommation énergétique représente un gouffre. Certains habitants pourraient ne pas pouvoir se chauffer dans des maisons neuves mais mal équipées. Il existe là de vrais problèmes, qui ne sont pas réglés par la division des parcelles. S’agissant de la limitation de la consommation des espaces agricoles, la loi de modernisation agricole et son taux de 50 % s’appliquent. Je vous invite à lire les travaux de la région Nord Pas de Calais sur le schéma régional Climat, air, énergie, où réduction de 70 % de la consommation des terres agricoles est demandée dans les 10 prochaines années.

 

Comment la démarche Bimby fait-elle pour gérer une dent creuse, qui représente un vrai problème pour les élus, confrontés à un citoyen qui refuse de vendre ? Le précédent Gouvernement avait tenté d’imposer le terrain non bâti au même taux que le bâti. Nombre d’élus ont critiqué ce projet, qui desservait les intérêts de grands propriétaires terriens. Dans les années 1990, le Ministère avait lancé un projet urbain de vie sur la ville. In fine, le Bimby n’est-il pas du foncier sur du foncier ?

 

Hervé MAUCLERE : Je suis à la fois urbaniste et élu et j’essaie de relayer les discussions de ce type au niveau du terrain. Je pense que l’AEU ne doit pas être intégrée mais systémique. Plus rien ne peut être réalisé dans le domaine de l’urbanisme sans prise en compte de l’environnement. Chacun l’a bien compris. Pour développer tout cela, j’ai identifié plusieurs leviers : la démocratie locale, la suppression des règlements, le rétablissement de l’obligation de recourir à un architecte pour tous les projets et la recherche du développement économique. Ce sont des éléments simples et compréhensibles par tous qui peuvent déclencher Bimby.

 

Hervé ALLEIN : Bimby n’invente rien. C’est une méthodologie qui vise à organiser la division parcellaire qui s’effectue aujourd’hui de manière totalement désorganisée et spontanée. Pour l’organiser, il faut cependant conserver au moins quelques règles de conception. Toutes les divisions parcellaires découlant de Bimby peuvent être réglementées par quatre règles. Il serait donc possible de supprimer presque entièrement les règlements.

 

Les bailleurs sociaux obéissent en effet à des règles qui impliquent qu’en-deçà d’une certaine taille, les projets ne sont pas forcément rentables entre eux. De fait, à côté des projets individuels de Bimby, il convient de bâtir des opérations d’ensemble pour créer notamment du logement social au sein d’une ou de plusieurs communes. De telles opérations ont déjà été réalisées et fonctionnent.

 

Le PLU, en venant réglementer, crée forcément des frustrations. C’est pour cela qu’il faut l’élaborer dans la concertation. La démarche Bimby suscite peut-être un espoir mais on peut expliquer dès le départ qu’il ne s’agit que d’une projection qui pourrait ne pas se réaliser dans les formes prévues. Une telle démarche me semble compréhensible par tous.

 

À télécharger : - présentation atelier AEU Bimby.pdf
- R Approche environnementale.pdf

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