Catégorie Projet ANR Bimby

Publié le 08 Octobre 2012

Source(s) : quandlebatimentva.fr

Petit retour synthétique et tout sauf exhaustif sur le colloque BIMBY

Article du site www.quandlebatimentva.fr

 

Petit retour synthétique et tout sauf exhaustif sur le colloque BIMBY qui s’est tenu les17 et 18 septembre dernier à l’école d’architecture de Paris-La Villette en présence, d’après les organisateurs, d’environ 500-600 personnes.

 

Un colloque bien organisé. Sur la forme tout d’abord, il faut saluer l’organisation générale qui mélangeait ambiance de fac et colloque « classique » avec atelier, plénières, experts…  Le ton général des deux animateurs, Benoit Le Foll du CETE Normandie-Centre et David Miet du CETE Ile-de-France était agréable et dynamique, on sentait que les deux comparses maîtrisaient bien leur sujet et surtout, surtout, ils avaient une idée directrice, une conviction les animait et tout les propos convergeaient. De ce fait, c’était fluide, cool, en un mot agréable et il s’agissait avant tout d’expliquer plutôt que convaincre…

 

D’autre part, la multitude d’ateliers proposés permettait d’embrasser le sujet de manière assez complète, grâce notamment à une sélection d’intervenants opportune, chacun apportant de son métier ou de son activité un éclairage complémentaire et technique intéressant. Nous avons notamment beaucoup aimé « I love BIMBY« ,  le témoignage calme et tout en finesse d’une architecte de Libourne souhaite construire des maisons individuelles pour les gens et qui aime BIMBY car cela, je cite « réveille l’ouverture d’esprit des architectes, instaure le dialogue et la conciliation, l’architecte est l’homme-outil et invente la densification positive« .

 

Et une sujet naturellement fort intéressant. Le projet de recherche BIMBY (« Build in My Back Yard ») vise à la définition, à court terme, d’une nouvelle filière de production de la ville, qui soit capable d’intervenir là où les filières « classiques » sont incapables d’intervenir : au sein des tissus pavillonnaires existants, qui représentent la grande majorité des surfaces urbanisées en France.

 

Principes. Tout l’enjeu du projet BIMBY est de sortir du postulat que l’intérêt particulier est nécessairement contraire à l’intérêt général, typique du NIMBY : « Not In My Backyard » (tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut produire plus de logements, notamment sociaux, mais personne n’en veut à côté de chez soi !).

 

 

BIMBY propose qu’à partir du stock de parcelles hébergeant des maisons individuelles, on crée grâce à la division foncière, d’autres maisons individuelles. Ce tissu pavillonnaire constitue ungisement foncier d’envergure qui pourrait être exploité pour répondre à l’aspiration des français – vivre en maison individuelle – de surcroît sur des espaces déjà équipés (voirie et réseaux), proches des centres villes… le tout en proposant une offre s’appuyant sur une filière courte: un maître d’ouvrage, un architecte, des entreprises.


Aussi, la démarche BIMBY interroge les besoins actuels des habitants plutôt que d’essayer d’imaginer une population à venir; politiquement, c’est assurément plus vendeur…

Dès lors, la démarche semble offrir de multiples avantages car politiquement, économiquement et « urbanistiquement » parlant, elle apporte de réels avantages, notamment les suivants:

>>> on ne consomme pas de nouveaux espaces (pas  d’artificialisation des sols à coup d’opérations d’individuel groupé),

>>> on répond aux demandes des habitants: être propriétaire d’une maison individuelle,

>>> on produit des maisons pas chères grâce à la filière courte,

>>> on contribue à la politique générale d’accession à la propriété en apportant un marché de relais, alors qu’aujourd’hui celui du foncier est bloqué, (lors du colloque il a été rappelé que si chaque année 1% des propriétaires de maison individuelle décide de faire BIMBY en divisant son terrain, cela permettrait la production de 190 000 maisons individuelles/an),

>>> on propose de multiples scénarios de vie car le ménage propriétaire est puissamment solvabilisé par la vente d’une partie de son terrain: financement de travaux d’isolation thermique, changement de maison, rapprochement familial d’une personne âgée…,

>>> on répartit de manière plus équilibrée la « rente foncière » liée à la pression du marché,

>>> on permet aux habitants d’être acteur de la politique logement et urbanisme de la commune,

>>> on soutient l’activité d’entreprises locales et favoriser une architecture de qualité du fait que chaque projet nécessite, de par la contrainte parcellaire, du « sur-mesure » et donc l’intervention d’un architecte.

 

Ça fait beaucoup tout ça vous ne trouvez pas ? !

 

BIMBY: comment ça marche ? Eh bien il n’y a ps de méthode unique miracle nous ont dit les animateurs, chaque situation sera différente. Il y a néanmoins quelques points de passage obligés… Pour faire fonctionner BIMBY il faut d’abord respecter quelques prérequis à savoir: avoir une maison d’origine bien positionnée permettant la division de la parcelle, avoir une parcelle d’une surface minimale (600-700m2) et enfin, avoir un règlement du PLU qui permet la densification.

 

Après, ce n’est qu’un subtil jeu d’acteurs. BIMBY croit en la capacité des acteurs de l’urbain (élus, techniciens de l’urbanisme, habitants et professionnels du bâtiment) à mobiliser et optimiser le foncier des tissus pavillonnaires existants. Ainsi, l’intérêt des individus (diviser un terrain pour mieux valoriser son bien sur le marché immobilier) pourra aller dans le sens des intérêts de la collectivité (proposer une offre diversifiée de logements individuels sur son territoire sans engendrer d’étalement urbain).

 

En conclusion, BIMBY est une boîte à idées et une boîte à outils qui se positionne à la croisée des mondes de l’immobilier, de l’urbanisme et du bâtiment. La démarche crée une plate-forme d’échanges qui, à bien y regarder, constitue une véritable petite révolution dans le monde de l’aménagement.

 

Mais le plus intéressant, c’est que les clés de la réussite sont entre les mains des collectivités locales et de leurs habitants. Plutôt que de faire une énième loi de décentralisation où l’on s’interrogera encore sur le bon degré de délégation de la compétence logement ou bien encore sur la pertinence des zonages en matière d’immobilier, BIMBY fait confiance et compte sur les élus locaux pour s’engager dans la démarche. Pourvu que cela marche et espérons que dans les années à venir, des petits projets BIMBY verront le jour un peu partout sur le territoire.

 

Les actes du colloque seront bientôt disponibles sur le site internet BIMBY

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