Catégorie Démarche Bimby

Publié le 16 Novembre 2011

Projet réalisé au sein de l’atelier de F. Bringand et L.Lagadec, à l’ENSAB (Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Bretagne), et en collaboration avec l’Université de Rennes 2. Charlène Guyot, Aurianne Latrous, étudiantes MOUI (Maîtrise d’Ouvrage Urbaine et Immobilière). Anna Gonzalez, étudiante Architecte à l'ENSAB. Anna Gonzales

Appel à projet : remettre "en ville" nos lotissements

Notions clés :
> densification pavillonnaire
> maisons mitoyennes

Ce travail fait partie d'une réflexion menée au sein de l'atelier d'architecture et d'urbanisme de Flore Bringand, enseignante à L'ENSABretagne, sur la « remise en ville de nos lotissements ». Le projet ici présenté est une réponse parmi plusieurs projets présentés dans le cadre d'un Appel à Idées initié par le Pays de Rennes et l'AUDIAR (Agence d'Urbanisme et de Développement Intercommunal de l'Agglomération Rennaise), faisant aussi participer les élus concernés. Deux villes étaient proposées pour ces études, celles de Liffré, au Nord de Rennes (7,5 ha, 75 logements) et celle de Chavagne, au sud de Rennes (4,5 ha, 45 logements).

 

Comment visualiser la ville de Chavagne d’ici 2100 ?

Première étape du diagnostic de la ville de Chavagne

Si l’on suit l’évolution historique de cette ville de 3700 habitants, on peut remarquer que sa tâche urbaine s’est fortement intensifiée, de la même façon que pour d’autres villes périurbaines.

En prenant l’hypothèse que son développement progresse selon les prévisions des réglementations actuelles, nous arriverions à ceci :

La principale conséquence de l'étalement pour ces communes est l’amputation de leurs territoires agricoles et naturels, participant aux pertes de leurs richesses économiques et culturelles.

 

Limiter l'emprise de la ville sur ses environs

C’est la raison pour laquelle notre proposition veut limiter l’emprise de la ville de Chavagne afin de préserver ces terres et les modes de vie de ses habitants. En faisant le choix d’intensifier la ville en douceur et discrètement, entre les maisons existantes, ce projet permet une densification subtile et faisable. Il atténue au maximum la gêne et la visibilité de la densification, qui sera elle-même un support pour renforcer la porosité de la ville années après années.

 

Diagnostic des venelles

Dans cette optique, il s’agit de se rattacher aux atouts de la ville. Dans notre cas, nous exploiterons le potentiel que propose le réseau de venelles existant. Pour cela, nous avons répertorié le maillage actuel, discontinu, formé par ces venelles dont l’usage est entièrement dédié aux piétons et cyclistes.

 

Etat des venelles avant intervention

Notre proposition prend appui sur ce premier maillage afin de l’optimiser. Ceci permettrait à la ville de tisser des liens avec ses différents lotissements, aujourd’hui coupés du bourg.

 

Etat des venelles après intervention

L’idée est de faire émerger ce nouveau bâti par l’initiative privée. La stratégie est simple : faciliter les démarches pour faire évoluer l’habitat des particuliers.

Un exemple serait de donner l’opportunité à deux voisins de céder une partie de leur parcelle pour construire selon leurs besoins, en optimisant l’organisation existante des maisons, suivant la stratégie de BIMBY.


Dans notre proposition, ceci s’est traduit de différentes manières, que nous avons résumé en trois cas :

 

Cas n°1 : lorsque 2 maisons individuelles, seules sur leurs parcelles, sont séparées par leur jardin

Les propriétaires se mettent d’accord pour céder la longueur de leur parcelle qui les sépare. Deux nouvelles maisons pourront alors être construites entre les deux existantes. Il n’y aura pas de création de venelle, la largeur n’étant pas suffisante.

 

Cas n°2 : lorsque 2 maisons sont séparées par une venelle existante

Le propriétaire de l’une des maisons cède un droit à construire le long de sa parcelle, au bord de la venelle existante. Quatre à huit logements en bande pourront alors être construits sur cette longueur.

La venelle reste publique et permet l’accès aux nouveaux logements. Par ces nouvelles constructions, les maisons existantes bénéficient d’une meilleure intimité.

 

Cas n°3 : lorsque 2 maisons sont séparées par leur jardin, représentant un espace important

Les propriétaires se mettent d’accord pour céder, de part et d’autre, l’espace mitoyen de leur parcelle. Quatre à huit logements en bande pourront alors être construits sur la longueur de cette parcelle. La largeur sera assez importante pour permettre également la création d’une venelle, qui sera obligatoirement rendue publique, afin de rendre la ville plus poreuse pour tous ses habitants.

Les avantages de ces principes, pour les propriétaires, sont que les maisons actuelles conservent la partie de leur jardin qui est la plus utilisée et n’ont pas de vis-à-vis avec leurs nouveaux voisins.

Toutes les contraintes d’une densification en fond de parcelle sont évitées. Leur bien ne souffre donc d’aucune moins-value.
Quant aux logements créés, un soin particulier sera apporté à leur qualité (patio, serre, luminosité, local à vélos…), la qualité du mode de vie restant une de nos préoccupations majeures et parfaitement compatible avec une densification.

A partir de ces différents cas, une stratégie peut-être mise en place par la ville, pour donner en quelque sorte l’exemple à suivre, en s’appuyant sur les terrains communaux en sa possession.

A la différence des grands projets menés par les communes aujourd’hui, celui-ci s’adapterait à l’évolution besoins des habitants dans le temps.

Le point de départ serait de réaménager la place de l’église, pour faire déboucher les venelles existantes sur un centre-ville attractif, respectant les constructions historiques existantes. Les déplacements pour les piétons en ville seront ainsi facilités.

La façade de la ville sur la campagne pourrait se traduire par la mise en place d’une structure de cueillette en libre-service, directement reliée aux terres agricoles existantes au pied du bourg. Ceci permettra de valoriser le rapport à la terre cher aux Chavagnais, en leur proposant des produits locaux.

Par la suite, la place de l’étoile pourrait être aménagée afin de préserver le poumon vert de la ville.

Des premières constructions pourront se réaliser par l’initiative privée, en liaison avec les venelles existantes de la commune, suivant les cas 1 et 2. Ces constructions passeront probablement par une impulsion publique : la municipalité prendra l’initiative de l’engager, notamment pour les logements « en bande » qui sont plus nombreux, afin de démontrer au secteur privé que ces projets sont tout à fait réalisables, ce dernier pouvant ensuite prendre la relève dans l’investissement. Le fait de réaliser un exemple, avec la participation des habitants, donnera plus de confiance à ces derniers pour réaliser les logements qui leur conviendraient.

Pour le cas des maisons à patio, l’initiative pourra être privée car il n’y a que deux logements à construire. Les propriétaires pourront donc plus facilement financer eux-mêmes la construction par l’autopromotion.
Tout ceci contribuera à l’organisation de l’intensification douce de la ville, qui sera rendue plus accessible par ces nouvelles venelles.

En faisant une estimation de cette proposition, nous sommes arrivées à un total de 43 logements par hectare sur le périmètre du centre-ville actuel (initialement 11), sans intervenir brutalement par des démolitions classiques et en préservant le caractère de la ville de Chavagne. Pour comparaison, la ZAC La Touche, aujourd’hui en construction au Sud de la ville, est à 23,7 logements par hectares.

Liens externes : - le site de l'ENSAB

L'élu : En faisant le choix d’intensifier la ville en douceur et discrètement, entre les maisons existantes, ce projet permet une densification subtile et faisable. Il atténue au maximum la gêne et la visibilité de la densification, qui sera elle-même un support pour renforcer la porosité de la ville ann...

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