Catégorie Presse

Publié le 05 Novembre 2013

Source(s) : Les Echos

Diviser les parcelles déjà construites permet de densifier la ville et d’éviter l’étalement urbain.

Et si la densification de la ville pas- sait par la densification des zones pavillonnaires ? L’idée en revient à deux architectes, Benoit Le Foll et David Miet, passés par le ministère de l’Ecologie. Leur concept Bimby, Build in My Back Yard (« construire dans mon jardin »), repose sur une idée simple, réaliser des logements sur des parcelles déjà construites quitte à « grignoter » sur plusieurs terrains. Un concept de reconquête de terrains urbanisés au lieu de gagner sur les terrains agricoles qui a du sens en France, où l’on compte 15 millions de maisons individuelles. En 2009, le projet a été sélectionné par l’Agence nationale de la recher- che (ANR) dans le cadre de son pro- gramme ville durable. « L’intérêt des individus, consistant à diviser un ter- rain pour mieux le valoriser sur le marché immobilier, peut aller dans le sens des intérêts de la collectivité pour proposer une offre diversifiée de logements individuels sur son territoire sans engendrer d’étalement urbain », explique l’agence.

 

Intérêt économique

D’autant que la démarche a aussi un intérêt économique. « Cela coûte beaucoup moins cher de construire 100 fois une maison, qu’une fois 100 maisons. La promotion immobi- lière doit en effet supporter le risque de l’acquisition du foncier, les frais commerciaux auxquels elle ajoute sa marge », insiste David Miet, qui a créé l’agence Villes Vivantes pour accompagner les collectivités, Benoit Le Foll ayant, lui, fondé l’agence Terra In Design, qui s’adresse aux particuliers.

En province, des propriétaires ont pratiqué le « Bimby » sans le savoir. Ainsi à la mairie de Vayres, petite ville de Gironde de 3.500 habitants, on s’est aperçu qu’un tiers des 145 permis de construire accordés depuis sept ans concernaient des parcelles déjà construites. On observe le même phénomène dans d’autres villes, comme Martillac, Cadaujac, Saint-Médard- en-Jalles ou Blanquefort. « L’agglomération bordelaise a connu une augmentation des prix du foncier plus tardive qu’ailleurs et au moment où beau- coup de plans locaux d’urbanisme, plus souples, entraient en vigueur », précise David Miet.

Dès lors, des municipalités sou- cieuses de densifier de l’habitat et d’éviter l’étalement l’encouragent en créant, comme à Vayres, des réu- nions d’information avec des archi- tectes. « La mairie est très intéressée par le sujet qui a été inclus dans la révision du PLU car il faut en effet pouvoir le maîtriser et l’encadrer », souligne Karine Longaive, direc- trice générale des services de la commune. Bordeaux s’y intéresse aussi pour le quartier résidentiel de Caudéran. La mairie a demandé une étude au cabinet d’architectes Grau et au paysagiste Michel Corajoud, qui a redessiné les quais de la ville. « Le grand enjeu est de voir comment densifier de façon raisonnée un habi- tat déjà constitué », explique Sté- phane Caze, qui travaille sur le sujet à la direction générale de l’aménage- ment de la mairie. — F. N. 

 

À télécharger : - Les Echos 5 nov Bimby page25.pdf