Catégorie Bimby +

Auteur(s) : - David Miet
- Benoit Le Foll

Publié le 24 Septembre 2012

Ce texte reprend le contenu de l'édito du colloque Bimby qui s'est tenu les 17 et 18 septembre 2012 à l'Ecole d'Architecture de Paris Belleville et qui a réunis plus de 600 participants.

Source(s) : Actes du Colloque Bimby 2012

Confronter ses idées à la réalité,

 

En urbanisme, la première forme de réalité, ce sont les habitants qui ont des souhaits, des désirs, des aspirations de vie.

Dans l’histoire des développements du projet Bimby, un cap fondamental a  été franchi au moment où nous avons cessé de discuter, entre techniciens et élus, de ce que les habitants souhaiteraient ou ne souhaiteraient pas, et que nous avons décider d’aller massivement à leur rencontre.

Au Tremblay-sur-Mauldre puis aux Essarts-le-Roi dans les Yvelines, chaque habitant a été ainsi invité à être reçu par un « architecte – médiateur » afin de discuter de ses envies et projets et, pour les propriétaires d’une maison, des avenirs possibles de leur propre parcelle. A partir de cet instant, où nous nous sommes donnés les réels moyens d’une discussion de qualité avec les habitants, en prenant une heure par ménage avec comme support une maquette 3D élaborée en temps réel, la filière Bimby a cessé d’être un mirage et est devenue réalité : nombreux sont les habitants qui ont des idées, des projets et qui pourraient libérer des terrains à bâtir si l’on décide de faire l’urbanisme avec eux. Sur 140 ménages à avoir fait le déplacement, ils sont ainsi 6 ménages sur 10 à repartir de ces entretiens en ayant fait dessiner à nos architectes un voire deux logements supplémentaires sur leur terrain ! La preuve est donc faite que dans chaque commune de France, les jardins des propriétaires de maison constituent un gisement foncier qui pourrait alimenter une part significative des besoins en logements dans les années à venir.

 

La deuxième forme de réalité, en urbanisme, ce sont les savoirs & les savoir-faire des agents immobiliers, des notaires, des géomètres, des constructeurs de maisons, des architectes, des ingénieurs des villes, des urbanistes et professionnels de l’aménagement du territoire qui mettent leurs compétences à disposition des élus et des particuliers afin qu’ils puissent accomplir leurs projets.

Là encore, c’est en allant massivement à la rencontre de ces connaissances, aujourd’hui disparates et éclatées, que nous espérons franchir un cap dans notre capacité à mettre en œuvre la filière Bimby. Avec quelques 600 inscrits pour ces deux journées du 17 et 18 septembre à l’heure où nous écrivons ces lignes, une première partie de notre pari est gagnée : rassembler et réunir ceux qui pensent et font la ville au quotidien autour d’un seul et même sujet précis, technique et prospectif : la construction d’une nouvelle maison sur le terrain d’une maison existante.

En multipliant les ateliers thématiques, ainsi que les présentations courtes et synthétiques sur les outils, les visions, les notions et les pratiques à mettre en œuvre, nous souhaitons nous donner les réels moyens de faire avancer les connaissances et le débat.

 

Car si les travaux du projet recherche Bimby nous ont permis de défricher quelques pistes, au cours de ces 3 dernières années, ils ont surtout révéler des lacunes importantes dans nos connaissances, ainsi que des manques dans notre capacité à les mettre en œuvre : la filière diffuse, en particulier la division parcellaire à l’initiative des particuliers, les logiques du marché de la maison individuelle et des terrains à bâtir dans les secteurs pavillonnaires existants, les motivations, les  aspirations et la capacité des habitants à transformer leur habitat, l’écriture des règlements d’urbanisme dans une perspective de maîtrise des micro-mutations du parcellaire existant, sont autant de sujets à propos desquels il nous faudra approfondir nos connaissances, développer et tester des méthodes, et peut-être inventer de nouveaux métiers pour être en mesure de faire la filière Bimby un véritable outil au service des politiques publiques.

L’aménagement du territoire, les politiques foncières, la lutte contre l’étalement urbain, les politiques de logement abordable, le maintien des personnes âgées à domicile et les politiques de la dépendance, la réhabilitation thermique du bâti existant, la redynamisation des économies locales de la construction … sont autant de volets politiques qui pourront se nourrir et s’appuyer sur le modèle économiquement viable de la filière Bimby.

Une filière courte et sans intermédiaires, dont le principal mérite est de remettre l’habitant en situation de maître d’ouvrage de la ville qu’il souhaite faire construire et habiter.

 

Très bon bimby à tous !

David Miet et Benoit Le Foll, pilotes du projet Bimby

 

Ce texte est une reprise de l'édito du colloque Bimby qui s'est tenu les 17 et 18 septembre 2012 à l'Ecole d'Architecture de Paris Belleville et qui a réunis plus de 600 participants. Vous pourez bientôt retrouver les actes du complet du colloque sur le site bimby.fr

 

À télécharger : - BIMBY programme.pdf

La filière : La deuxième forme de réalité, en urbanisme, ce sont les savoirs & les savoir-faire des agents immobiliers, des notaires, des géomètres, des constructeurs de maisons, des architectes, des ingénieurs des villes, des urbanistes et professionnels de l’aménagement du territoire L'habitant : En urbanisme, la première forme de réalité, ce sont les habitants qui ont des souhaits, des désirs, des aspirations de vie

Cliquez pour voir ce qu'ils en pensent

> L'habitant

> L'urbaniste

> L'élu

> La filière