Catégorie Blogosphère

Publié le 31 Mars 2013

Source(s) : mescoursespourlaplanete.com

Construire au dessus d’un garage pour agrandir la maison, vendre une partie de terrain en fond de parcelle pour financer les études des enfants ou l'adaptation du logement principal, réhabiliter du patrimoine agricole en logements ou chambres d’hôtes, construire un logement d'appoint pour un étudiant ou une personne âgée de la famille… autant de possibilités pour densifier des terrains appartenant à des propriétaires privés et construire de nouveaux logements tout en limitant l’étalement urbain. C'est précisément pour promouvoir ce type d'approche et lutter contre la problématique de la consommation d'espace que le projet de recherche BIMBY (Build In My BackYard, un clin d'oeil ironique en opposition au britannique "Not in my backyard", autrement dit "pas de ça chez moi") a vu le jour en 2009 en France.  Dans un contexte où le logement continue à jouer un rôle central dans le développement urbain (à titre d'exemple, quelque 70 000 logements sont prévus chaque année par le grand Paris),  l'objectif est de bâtir des logements nouveaux,  au sein des tissus pavillonnaires existants,  qui représentent la grande majorité des surfaces urbanisées en France (la maison individuelle y représente encore 57% de l’habitat, selon l'INSEE). 

La France compte en effet 19 millions de maisons individuelles, et environ 160 000 nouvelles sont implantées chaque année : selon certaines estimations,  la division en parcelles de seulement 1% de ces terrains suffirait à construire les maisons nécessaires sans engendrer d’étalement urbain. L’Union des Maisons Françaises estime d'ailleurs à un million le nombre de terrains de plus de 1 000 m² sur lesquels n’est construite qu’une seule maison. Financé pour 3 ans par l'Agence Nationale de la Recherche dans le cadre de son appel à projets "Villes Durables'', le projet BIMBY s’appuie sur un réseau de partenaires publics : milieu universitaire, collectivités publiques (Saint-Quentin-en-Yvelines, Rouen-CREA, CAUE de l’Eure) et bureaux d’études publics (CETE Normandie, CETE Île-de-France)…

Comment cela fonctionne-t-il concrètement ? En amont des projets, une sensibilisation des élus doit permettre une évolution de certains règlements d’urbanisme qui faciliteront la division parcellaire, tels que l’ouverture des droits à la construction ou l’assouplissement des règles de retrait de construction par rapport à l'alignement. La démarche est ensuite très simple : des ateliers de concertation sont animés par des professionnels pour stimuler et accompagner la participation des habitants au développement urbain de la commune. Puis, tout particulier souhaitant vendre ou utiliser une partie de son terrain constructible est reçu, s’il le souhaite, par un architecte. Une heure suffit à échanger et concrétiser le projet tout en optimisant les possibilités de construction à partir du terrain, de ses potentialités et contraintes. Autre avantage : plus l’opération immobilière est de petite taille, plus la filière est courte, avec un nombre d’acteurs restreint  et des frais minimisés voire carrément évités.

Développer un circuit court de la construction de logements, stimuler la consommation collaborative pour partager un bien devenu rare (le foncier), faire se croiser projets des habitants et projets de la collectivité, partir des initiatives et besoins des habitants pour les encourager et les encadrer, c'est toute la modernité, et l'intérêt, du projet BIMBY.

Liens externes : - http://www.mescoursespourlaplanete.com/Actualites/Le_foncier_est_rare___et_si_on_le_partageait_pour_daevelopper_la_ville_autrement___1719.html