Catégorie Presse

Publié le 06 Juin 2013

Source(s) : http://www.lanouvellerepublique.fr/

 

Deux-Sèvres - Niort - Urbanisme

Habitat : la Ville teste la révolution du " bimby "

06/06/2013 05:46

 
Sur Niort, 65 % de l'habitat est constitué de pavillons avec jardins. Qui souvent sont de véritables passoires énergétiques sans que les propriétaires aient les moyens de faire les travaux nécessaires.
 
Sur Niort, 65 % de l'habitat est constitué de pavillons avec jardins. Qui souvent sont de véritables passoires énergétiques sans que les propriétaires aient les moyens de faire les travaux nécessaires.

Pas facile quand on est âgé de se retrouver avec un pavillon et un jardin trop grands à entretenir. Testé aux Sablières, le “ bimby ” peut être une réponse.

 

Quand on avance en âge, qu'on a deux étages à monter et à descendre et un grand jardin à entretenir, c'est le dilemme. Quitter sa maison ? Son quartier ? Mais on habite là parfois depuis quarante ans… Pire qu'un crève-cœur : inenvisageable. Une angoisse qui tenaille bien des Niortais : n'oublions pas que les pavillons avec jardin représentent 65 % de l'habitat sur la ville. Des pavillons qui sont souvent de véritables passoires énergétiques, sans que leurs propriétaires aient les moyens de faire les travaux nécessaires.

Une solution possible ? Le « bimby ». Un concept auxquels s'intéressent de plus en plus d'urbanistes, et que compte développer la Ville. Une expérimentation est actuellement démarrée aux Sablières, dans le quartier nord.

Construisez derrière chez moi

« Bimby » vient de l'expression anglo-saxonne « Build in my backyard » : « Construisez derrière chez moi. » Tout le contraire du « nimby » (« Pas derrière chez moi ! »), cette tendance de plus en plus répandue qui consiste à partir en guerre contre tout projet de construction près de chez soi. Le « nimby » traduit la difficulté croissante à se supporter les uns les autres. Le « bimby » l'exact opposé.
Concrètement, comment ça marche ? On vend une partie de son terrain devenu trop grand à entretenir, à quelqu'un qui y bâtit sa maison. Avec l'argent de la vente, on met aux normes son pavillon. Autre option : on vend son pavillon, et sur une partie du terrain qu'on conserve, on se fait bâtir une maison plus petite, adaptée à son âge.
Aux Sablières, l'expérimentation n'en est qu'aux balbutiements. Des contacts ont été pris avec des propriétaires susceptibles d'être intéressés. L'opération suppose deux impératifs. Ne participe, bien sûr, que celui qui veut. « Tout un travail de discussion se fait en amont. Il ne s'agit pas d'imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Tout repose sur le volontariat », souligne Geneviève Gaillard.

Ne pas bétonner le moindre jardin

Deuxième limite au « bimby » : pas question de bétonner le moindre jardin qui reste en ville. On construit la ville à l'intérieur de la ville, mais en gardant un œil sur la nécessité de conserver des espaces verts.
D'autres villes comme Strasbourg ont conduit des expérimentations du genre. Le « bimby » lutte aussi contre un phénomène préoccupant : la propension de la ville, année après année, à s'étaler toujours un peu plus en grignotant des terres agricoles.

nr.niort@nrco.fr

Yves Revert