Catégorie Presse

Publié le 14 Décembre 2013

Source(s) : Sud Ouest Immo

La maison individuelle en plein paradoxe


Appréciée de tout temps, la maison individuelle constitue un idéal pour 85% des Français.
Pourtant, de moins en moins de familles –surtout les ménages les plus jeunes - ne peuvent se l’offrir malgré un coût moyen qui reste abordable. L’Union des Maisons françaises (UMF), par la voix de son président régional Poitou-Charentes-Limousin, nous explique ce paradoxe.




Dans son point presse de septembre 2013, l’UMF a dévoilé les derniers chiffres du marché. Ils indiquent une chute des ventes de 16% sur les 12 derniers mois de l’année, la baisse se poursuivant d’année en année depuis 2006. Les primo-accédants de moins de 40 ans – qui représentaient 50% du marché - sont les plus touchés. Sur les trois dernières années en France, cela représente 40 000 jeunes ménages qui n’ont pas pu accéder à la propriété. 

Toutes les régions sont plus ou moins concernées par le phénomène.

La situation est ainsi moins bonne dans le Sud-Ouest qu’en région parisienne ou en région Centre, mais elle s’avère meilleure qu’en Languedoc ou en Bretagne par exemple. « Le problème n’est pas lié à l’attractivité de nos départements. En Charente-Maritime par exemple, les villes balnéaires de La Rochelle, de Royan ou notre arrière-pays donnent envie à beaucoup de gens de faire construire. Malheureusement, beaucoup de ménages n’ont plus les moyens de devenir propriétaires ». André Penaud, Président régional Poitou- Charentes-Limousin de l’UMF, emboîte le pas à ses instances nationales qui rappellent que la construction d’une maison individuelle, avec un coût moyen de 144 100 € pour 118 m2 de surface habitable, reste « la forme d’habitat la plus adaptée aux familles et aux revenus modestes ». 

Pourquoi cette situation ?

L’augmentation du prix du foncier d’une part et l’impact de la RT201 ont surenchéri le coût de l’investissement. Résultat : ceux qui pou pouvaient hier encore devenir propriétaires ne le peuvent plus aujourd’hui, sauf à disposer d’un apport et d’un banquier bienveillant. « Nous nous félicitons que nos constructions actuelles consomment moins d’énergie et qu’elles soient plus respectueuses de l’environnement. Nous regrettons en revanche l’absence d’une véritable politique d’accession sociale de l’Etat, comme cela s’est toujours fait dans l’histoire. Son impact serait immédiatement positif : elle générerait de la TVA et relancerait l’économie, la construction représentant la 2e économie de Charente- Maritime. Enfin, elle permettrait à des actifs de disposer d’un patrimoine. Je m’inquiète de savoir comment les retraités de demain paieront leurs loyers… ».

Des solutions concrètes

Malgré ce contexte difficile, André Penaud reste positif, à l’image des membres de l’Union des Maisons Françaises qui ont des arguments à faire valoir à leurs clients. Le premier tient dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) qui ont évolué dans le bon sens. « Aujourd’hui, vous avez le droit dans la plupart des cas de construire sur des petites surfaces, de 160 à 180 m2. Ce qui permet de répondre à des budgets serrés tout en disposant d’une terrasse et d’un jardinet ». 

De plus, les maisons neuves réalisées selon la réglementation thermique 2012 génèrent des économies d’énergie prises en compte par les banques dans l’étude de faisabilité financière. « Des propriétaires d’une maison ancienne font en outre le choix de revendre leur bien pour faire construire afin de réduire leurs charges et de bénéficier d’une maison de dernière génération, ce qui créé de l’activité » explique le Président régional de l’UMF. 

Enfin, devant la rareté des terrains dans certaines zones, les propriétaires de parcelles sont invités à céder une partie de leur foncier, permettant ainsi la construction d’une maison voisine avec un accès indépendant. « Ce dispositif donne aux anciens propriétaires les moyens de rénover leur maison et à de nouveaux ménages d’accéder à la propriété ». Un organisme, le Bimby, est chargé de recenser ces poches de développement. L’UMF estime à 1 million le nombre de maisons de plus de 1 000 m2 sur lesquelles n’est construite qu’une seule maison.