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Publié le 21 Juillet 2011

Source(s) : www.metropolitiques.eu

Notions clés :
> 19 millions de maisons
> construire sans manger sur les espaces naturels et agricoles
> densification pavillonnaire
> donner une nouvelle vie aux tissus pavillonnaires existants
> gouvernance du PLU
> NIMBY VS BIMBY
> primo-accédants

(Ou la nécessité de revenir des analyses simplificatrices)

Par Violaine Girard, sociologue, maître de conférences à l’Université de Rouen, membre du Groupe de Recherche Innovations et Sociétés et rattachée à l’équipe « Enquêtes, Terrains, Théories » du Centre Maurice Halbwachs

Article paru dans la revue Métropolitiques (18/07/2011)

Résumé

Dans La ville émiettée, Éric Charmes décrit la tendance à la « clubbisation » des communes périurbaines, de plus en plus engagées dans une politique exclusiviste de sélection sociale des habitants (ce qui les amène à refuser de s’engager dans des politiques de densification). S’il soulève de nombreux enjeux, l’ouvrage néglige cependant la diversité des dynamiques sociales et politiques des espaces périurbains.

Introduction

L’essor des espaces périurbains constitue depuis plusieurs décennies, une source de préoccupations pour de nombreux experts, urbanistes et aménageurs, en lien avec la montée des politiques environnementales. Ce sont ces dynamiques de périurbanisation qu’Éric Charmes s’attache à caractériser comme un processus d’émiettement urbain, partant du constat que la très grande majorité des communes périurbaines, par delà leur hétérogénéité, refusent de s’engager dans des politiques de densification urbaine.

Au contraire, celles-ci mettent le plus souvent en œuvre, à l’issue d’une phase initiale de croissance, des modalités de limitation et de contrôle de l’urbanisation, avec pour but la préservation du cadre de vie et pour effet le maintien des processus de sélection sociale des ménages.

Conclusion

L’approche défendue dans cet ouvrage s’attache à rendre compte, à partir du concept de clubbisation, d’une dynamique globale à l’œuvre au sein des communes résidentielles du périurbain et d’en questionner les enjeux en matière de solidarité territoriale. En proposant une grille de lecture unifiée des transformations périurbaines, cette approche a pour effet d’homogénéiser la catégorie « du » périurbain, regroupant des territoires qui connaissent des dynamiques sociales pourtant fortement diversifiées et différenciées.

On peut dès lors souhaiter la poursuite de recherches empiriques qui permettent d’éclairer de façon plus circonscrite mais plus fine les trajectoires et les positionnements des ménages et des élus des espaces périurbains, recherches telles que celles récemment effectuées sur la ségrégation socio-spatiale en Île-de-France (Préteceille 2006), sur les stratégies et les trajectoires résidentielles de périurbains des classes moyennes (Debroux 2011) ou sur le rapport au politique et au vote dans les communes périurbaines (Rivière 2008).


 

Voir les recherches empiriques effectuées sur les trajectoires des ménages Bimby : http://bimby.fr/node/722

L'habitant : "Les rares extraits d’entretien mobilisés dans l’ouvrage apparaissent désincarnés, ce qui conduit parfois l’auteur à uniformiser les attitudes attribuées aux ménages périurbains." L'élu : "A propos du rôle des élus locaux, la démarche apparaît parfois oublieuse des apports de la sociologie politique [..], et risque de généraliser de façon abusive un constat sans doute beaucoup plus nuancé."

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