Catégorie Presse

Publié le 06 Juin 2012

Supplément du hors-série d’Architectures à vivre de juin 2012

Source(s) : Architecture à Vivre

Notions clés :
> filière courte

Une alternative à l’éloignement pourrait être la densification des zones pavillonnaires existantes. L’Agence nationale de la recherche et le ministère de l’Équipement ont financé une recherche de trois ans allant dans ce sens. Elle s’appelle Bimby, pour Build in My Backyard (« construit dans mon arrièrecour »), clin d’oeil à l’expression américaine NimbyNot in my backyard (« pas dans mon arrière-cour »), un syndrome qui consiste à rejeter les nuisances loin de chez soi. Benoît le Foll, l’un des pilotes de cette étude, explique : « Les parcelles des zones pavillonnaires sont suffisamment grandes pour qu’on puisse envisager de les diviser pour y construire une nouvelle maison, dont la construction pourrait être financée par différents montages. La mise en place de ce système passe par des ateliers de réflexion entre les élus et les habitants. Il ne s’agit pas d’imposer un règlement d’en haut, mais de réfléchir ensemble au devenir de la commune. » (voir p.22)

La méthode Bimby permettrait ainsi de mettre en oeuvre une forme de densification douce. Le nombre de maisons pourrait augmenter sensiblement dans un bourg, sans que son aspect n’en soit fondamentalement changé. Des premiers tests conduits dans des communes d’Île-de-France, et encore un inévitable sondage, montrent que près d’un tiers des habitants serait disposé à appliquer la méthode à sa parcelle afin de créer un logement pour ses enfants ou ses proches, pour louer ou emménager dans un logement plus adapté à ses besoins. « Avec seulement 2 % des habitants des pavillonnaires adhérant au Bimby, on couvre l’ensemble de la construction des logements neuf en un an », poursuit Benoit Le Foll.

Vous avez dit crise du logement ? La démarche pourrait également s’appliquer à des centres-villes. L’examen des plans d’urbanisme, un tour rapide des parcelles et autres dents creuses attendant d’être bâties, montrent que, contrairement à une idée répandue, le foncier ne manque pas. Ce seraient plutôt les méthodes pour l’exploiter qui feraient défaut.

 

À télécharger : - Avivre-Supplement.pdf