Catégorie Blogosphère

Publié le 15 Janvier 2013

SO WHAT ? est un collectif à géométrie variable, en creative commons : sa démarche se veut reproductible par chaque citoyen, quelles que soient ses expériences et ses compétences. Il se donne pour mission d'organiser, de fédérer et de relayer des initiatives urbaines qui bousculent et interrogent le quotidien et suggèrent des alternatives aux politiques publiques actuelles.

Source(s) : www.collectifsowhat.com

Notions clés :
> 19 millions de maisons
> filière courte

Dans un précédent article, je vous racontais ma déception face au décalage entre l’imaginaire pavillonnaire et nos observations à Morsang-sur-Orge ! Je m’attendais à trouver des maisons toutes identiques, alignées les unes aux autres ; finalement on a été bien en peine de trouver deux pavillons pareils.

En revenant de nos 48H pour kiffer le pavillonnaire, on s’est donc mis à discuter sur la question de l’uniformité du bâti. « On ne peut pas réduire le pavillonnaire à Morsang. Si on va plus loin de Paris, je peux vous assurer qu’on va en voir des lotissements avec des petites maisons toutes identiques ! » affirment certains du collectif. Certes, mais il n’y a pas besoin d’aller aussi loin pour apercevoir la ville uniforme : il suffit de regarder tous les immeubles de promoteurs qu’on construit en proche banlieue et qui se ressemblent tous. Sans parler des grands ensembles... 

Et si l’uniformité n’était pas un problème de forme urbaine (où le pavillon serait le responsable) mais un problème de mode de production de la ville ? Un mode de production qui repose sur des grandes opérations d’aménagement prises en charge par un petit nombre de promoteurs aux produits immobiliers standardisés. C’est le principe des nouveaux quartiers, qu’ils se fassent en extension urbaine (dans les champs) ou en renouvellement urbain (à la place du bâti ancien). Dans les deux cas, tous les bâtiments sont construits en même temps pour former un quartier neuf et relativement homogène.

Derrière le problème de l’uniformité, c’est donc la question d’un urbanisme sansZAC, où l’aménagement se fait en confettis plutôt qu’en zones pour permettre une mutation progressive du territoire, au gré des opportunités. Par son caractère disparate et fragmenté en une multitude de terrains individuels, le pavillonnaire apparaît comme un terrain privilégié pour cet urbanisme plus modeste mais tout aussi efficace. C’est ce que montre le projet BIMBY (build in my backyard), qui montre le potentiel de densification si l’on encourage les particuliers à construire sur leur terrain.

Cet urbanisme pavillonnaire et le mode de production de la ville qu’il induit ne manquent pas d’avantage. En produisant une offre immobilière diversifiée en termes de taille et de prix, il garantit un certain niveau de mixité sociale en attirant des habitants aux profils variés là où l’uniformité conduit à la ségrégation. En remplaçant la construction d’un nouveau quartier par une série d’opérations ponctuelles dans la ville existante, il augmente la résilience urbaine et limite la consommation foncière, là où la production de masse conduit à l’obsolescence programmée.

[...]

 

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